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Les discussions continuent «24 heures sur 24, 7 jours sur 7», assurait-on, vendredi après-midi, à la Commission européenne, où l’on attendait des avancées de Londres, alors que l’ultimatum fixé par Paris expirait ce vendredi 10 décembre pour approuver les autorisations de pêche dans les eaux britanniques manquantes à l’issue du Brexit.

En l’occurrence, 104 licences demandées par des pêcheurs français n’étaient toujours pas approuvées, pour leur permettre de poursuivre leur activité dans la zone de 6 à 12 milles nautiques des côtes britanniques.

«Procédure juridique»

Si les contacts se poursuivaient entre le commissaire européen chargé de la Pêche et le ministre britannique chargé du dossier, Londres avait fait savoir la veille ne pas reconnaître cette échéance. Mais les deux parties « se sont mutuellement engagées à faire aboutir leurs pourparlers pour une conclusion réussie aujourd’hui », assurait une porte-parole de la Commission de Bruxelles.

Si des progrès étaient espérés, « il n’y aura pas, je le dis très clairement, toutes les licences auxquelles nous avons droit d’ici à ce soir », prévenait vendredi matin Clément Beaune, secrétaire d’État français aux Affaires européennes, sur Franceinfo. Selon lui, des signes de bonne volonté concrets des Britanniques permettraient de poursuivre les négociations. Dans le cas contraire, la France envisageait de lancer une procédure juridique dès ce week-end auprès de la Commission européenne, via un mécanisme de résolution des conflits prévu dans les accords sur le Brexit, signés il y a maintenant un an.

Les relations « difficiles » avec Boris Johnson sont dues au fait que son « gouvernement ne fait pas ce qu’il dit », notamment sur la pêche, fustigeait, jeudi, Emmanuel Macron, durant sa conférence de presse. Sur le contentieux de la pêche, la France a obtenu 1 004 licences de pêche, pour l’essentiel en haute mer. Sur les quelque 300 qui manquaient pour la zone côtière en octobre, le chiffre s’est réduit à une centaine, après la délivrance au compte-gouttes de nouvelles autorisations par les autorités de Guernesey, de Jersey et britanniques. Sur les 104 encore contestées, 53 concernent des autorisations de Londres, notamment pour 40 nouveaux bateaux, que le Royaume-Uni refuse d’autoriser en raison de l’absence d’antériorité de leur activité dans la zone, critère clé pour accorder ces licences.

Après avoir menacé le Royaume-Uni de mesures de rétorsion (interdiction de débarquement des navires de pêche, contrôles renforcés des marchandises, réduction de la fourniture d’énergie…) la France a repris le dialogue. Isolée au départ, elle a réussi à mobiliser l’Union européenne pour défendre son cas. Dans le même temps, le gouvernement français semble préparer les esprits à des déceptions. La ministre de la Mer, Annick Girardin, a évoqué la nécessité de préparer un plan de « sortie de flottes ». Et Emmanuel Macron lui-même doit se pencher sur le sort des pêcheurs, très en colère, d’ici à la fin de l’année.

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