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Les organisateurs de l’Euro de football prennent-ils trop de risques avec la situation sanitaire ? La circulation croissante du variant Delta, plus contagieux, ainsi que l’infection de joueurs anglais et de supporters finlandais, inquiète certaines autorités européennes.  

Dans un entretien au quotidien régional Augsburger Allgemeine paru ce mardi, le ministre allemand de l’Intérieur a exhorté le gouvernement britannique et l’Union des associations européennes de football (UEFA) à réduire le nombre de supporters admis dans le stade de Wembley à Londres pour les derniers matches de l’Euro. « Je trouve cela irresponsable que des dizaines de milliers de gens se rassemblent sur des espaces étroits dans des pays classés à risque à cause du très contagieux variant Delta », comme cela est le cas actuellement en Grande-Bretagne, a déclaré le Bavarois Horst Seehofer, également en charge des Sports. 

Jauge élargie à Wembley

La déclaration intervient quelques heures avant le choc Allemagne-Angleterre en huitième de finale à Wembley, qui doit se jouer devant quelque 45 000 supporters, soit environ 50% de la capacité du stade. Cette dernière doit grimper jusqu’à 75% pour les demi-finales et la finale, soit environ 60 000 supporters. 

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En comparaison, la capacité de l’Allianz Arena de Munich, qui accueille aussi des matchs de l’Euro en Allemagne, a été fixée à 20%, soit environ 14 000 spectateurs. Pour Horst Seehofer, la règle des 20% devrait servir de « critère » pour toutes les autres rencontres. 

La Grande-Bretagne, qui connaît une résurgence des cas d’infections au coronavirus en raison du variant Delta, limite encore les déplacements de ses ressortissants. Par ailleurs, le pays a été classé par l’Allemagne comme zone à risque. Les Allemands ou résidents en Allemagne qui reviennent de Grande-Bretagne doivent observer une quarantaine de 14 jours, y compris les personnes vaccinées et immunisées. La chancelière Angela Merkel a plus d’une fois exprimé son inquiétude face aux risques posés par l’Euro pour la propagation du Delta et déploré l’absence de coordination au niveau européen sur les restrictions à imposer aux voyageurs venant de pays à risques. 

« Il ne s’agit pas d’une décision innocente »

Lundi, le grec Margaritis Schinas, s’est également inquiété de la tenue des demi-finales et de la finale de l’Euro au stade de Wembley. Vice-président de la Commission européenne chargé de la promotion du mode de vie européen, il supervise et coordonne les activités de plusieurs commissaires dont celui responsable du sport. 

« Ce n’est pas une décision que nous serons amenés à prendre à la Commission. Elle appartient à l’UEFA. Mais je veux partager mes doutes sur la possibilité d’organiser la demi-finale et la finale de l’Euro à Wembley, dans un stade comble, alors que le Royaume-Uni limite les déplacements de ses citoyens vers l’UE », a-t-il déclaré au Parlement européen à Bruxelles. « Je pense que l’UEFA ferait bien d’analyser avec soin cette décision. Il ne s’agit pas d’une décision innocente. Elle devra être prise en connaissance de cause. » 

La semaine dernière, le président du Conseil italien Mario Draghi a, lui, émis le souhait que la finale « ne se déroule pas dans un pays où les contagions sont en train de croître rapidement ». Interrogé par le quotidien allemand Passauer Neue Presse, le docteur Frank Ulrich Montgomery, dirigeant de l’Association médicale mondiale (WMA), estime qu’ouvrir les frontières anglaises pour l’Euro est « du populisme » et déconseille fortement de s’y rendre, en raison des risques de contamination avec le variant Delta du Covid-19.  

Cluster de supporters finlandais

L’inquiétude est d’autant plus vive que le Covid-19 circule dans le tournoi, chez les joueurs comme chez les supporters. Côté joueurs, les Anglais Mason Mount et Ben Chilwell, ont dû s’isoler en raison de contacts avec l’Ecossais Billy Gilmour, testé positif au Covid le 21 juin. Lundi, la participation des deux joueurs anglais au huitième de finale contre l’Allemagne était toujours incertaine, selon le sélectionneur anglais Gareth Southgate. La fédération anglaise, en consultation avec les autorités sanitaires britanniques, leur avait demandé le 21 juin, malgré deux tests négatifs, de s’isoler et de s’entraîner séparément pendant une semaine. 

Côté supporters, près de 300 Finlandais de retour de Saint-Pétersbourg ont été testés positifs au Covid-19, ont annoncé lundi les autorités sanitaires locales. L’autorité sanitaire chargée de l’épidémie, THL, a renouvelé son appel au dépistage à tous les Finlandais revenus au pays après la défaite contre la Belgique lundi dernier et a recommandé aux supporters de se mettre en quarantaine pendant au moins 72 heures jusqu’au retour négatif d’un test de dépistage. 

Les autorités du pays avaient déjà exprimé leur inquiétude jeudi dernier après la détection de près d’une centaine de cas chez des supporters de retour de Russie. Les autorités locales voisines de la frontière entre la Finlande et la Russie avaient alors recensé 86 cas lors des tests pratiqués aux postes douaniers. Et du fait de l’encombrement et des embouteillages provoqués mardi par le retour de quelque 3000 supporters, les douaniers finlandais ont dû laisser entrer près de 800 personnes sans les tester, notamment dans des cars, selon les médias locaux. 

Quart de finale maintenu à Saint-Pétersbourg

Les organisateurs de l’Euro ont toutefois confirmé lundi que le quart de finale entre la Suisse et l’Espagne aurait bien lieu vendredi à Saint-Pétersbourg. « Le quart de finale aura lieu comme prévu », a indiqué à l’AFP le service de presse du Comité d’organisation de l’Euro à Saint-Pétersbourg. Un porte-parole de l’UEFA a lui déclaré à l’AFP que la situation sanitaire russe « ne change(ait) absolument rien pour les équipes », et qu’il n’était « pas prévu de changer le lieu du match ». 

Derrière Moscou, Saint-Pétersbourg est la ville de Russie la plus touchée par la nouvelle vague de l’épidémie causée par le variant Delta. L’ancienne cité impériale russe a ainsi enregistré 110 morts en 24 heures, selon les statistiques publiées lundi, dépassant le record de décès de la ville pour la deuxième fois en trois jours. Les autorités affirment depuis le début de l’Euro que toutes les mesures sanitaires ont été prises pour assurer la sécurité sanitaire des spectateurs et des équipes. Mais les mesures de distanciation et le port du masque sont très aléatoires dans la ville, et cela alors que la vaccination y patine depuis de longs mois. Dans ce contexte épidémique très difficile, des images montrant des milliers de personnes dans la rue pour un traditionnel rassemblement festif marquant la fin de l’année scolaire sont devenues virales sur les réseaux sociaux. 

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Le 22 juin, déjà, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’était inquiétée de l’assouplissement des restrictions dans certains des pays hôtes de l’Euro-2020, après des hausses de cas de coronavirus aux abords de plusieurs stades. Des supporters danois, notamment, avaient été infectés par le variant Delta du coronavirus après Danemark-Belgique et Danemark-Russie.  

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