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En arrivant au bureau, en sortant des transports en commun ou à l‘entrée des lieux publics, on ne cesse de se désinfecter les mains avec un produit hydroalcoolique au cours de la journée. Ce geste tout simple est une étape essentielle dans la lutte contre la pandémie et la propagation du Covid-19 lorsque le lavage à l’eau et au savon n’est pas possible.

Résultat : les Français sont nombreux à avoir opté pour les flacons grand format avec pompe. À moins que vous préfériez semer de petits flacons un peu partout pour en avoir toujours à portée de main : sac à main, boîte à gants, sur le bureau, dans l’entrée…

Ces produits conservés plusieurs semaines voire plusieurs mois sont-ils toujours aussi efficaces ou bien leur ouverture prolongée altère-t-elle leur propriété virucide ?

Attention à l‘évaporation de l’alcool dans les flacons à pompe

L‘Anses rappelle que l’efficacité virucide des gels et des solutions hydroalcooliques repose sur la concentration en alcool. Or, l’alcool s’évapore avec le temps. S’ils sont plus pratiques au quotidien, en évitant notamment d’avoir à les manipuler, les flacons à pompes présentent un risque d’évaporation de l’alcool d’autant plus important. « Les pompes sont moins hermétiques que les bouchons, l’alcool s’évapore plus facilement », explique Catherine Gourlay-Francé, directrice adjointe de l’évaluation des produits réglementés à l’Anses.

Pour évaluer les risques liés à une perte d‘efficacité, l’Anses a soumis quatre produits hydroalcooliques à plusieurs scénarios de conservation et d’utilisation représentatifs :

  • un flacon de poche (100 mL), destiné à une utilisation personnelle : utilisé une fois par semaine pendant 5 mois
  • un flacon de 500 mL pour un usage modéré avec pompe doseuse : utilisation toutes les deux heures pendant 8 à 10 heures, sur 3 semaines
  • un flacon de 1 L avec une pompe doseuse, destiné par exemple à une entrée de magasin : usage intensif, toutes les 5 minutes pendant 8 à 10h, sur 3 jours
  • un bidon de recharge de 5 L, avec ouverture journalière pendant 15 minutes pour un transvasement de 200 ml, durant 5 semaines.

Les résultats sont défavorables aux flacons munis d‘une pompe doseuse utilisés modérément : ils sont les seuls pour lesquels l’Anses a constaté une diminution de 5 à 10 % de la teneur en alcool en trois semaines et donc une perte d’efficacité.

Adapter le type de contenant à sa fréquence d‘utilisation

Pour autant, les flacons à pompe doseuse ne sont pas à proscrire totalement. L‘Anses ne les proscrit d’ailleurs pas mais recommande simplement de les réserver à une utilisation fréquente. La diminution de la teneur en alcool a été constatée après trois semaines d’utilisation.

Parmi les quatre produits testés par l’Anses, seul le flacon de 500 ml pour un usage modéré avec pompe doseuse et une utilisation toutes les deux heures pendant 8 à 10 heures, sur 3 semaines est remis en cause.

Un flacon à pompe de 1L, installé à l’entrée d’un magasin pour un usage intensif, toutes les 5 minutes pendant 8 h à 10h, sera épuisé au bout de 3 jours. Un temps insuffisant pour que l’alcool s’évapore, le produit garde donc son efficacité intégrale tout au long de ces trois jours d’utilisation.

Largement plébiscités par les commerçants, les grands formats à pompe revêtent bien un intérêt en cas d‘utilisation répétée par un large public, justement parce que la pompe permet de s’en servir sans toucher le contenant, et ils seront vidés avant que l’alcool ne s’évapore, garantissant une action virucide.

gare aux flacons à pompe qui peuvent altérer leur efficacité