LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Indonésie, Amérique du Sud, Mongolie, Seychelles… Nombreux sont les pays à avoir fait confiance aux deux principaux vaccins chinois, des laboratoires Sinovac et Sinopharm, et à avoir vacciné une grande partie de leur population contre le Covid-19 grâce à ces sérums.  

Toutefois, plusieurs d’entre eux font aujourd’hui face à une inquiétante progression des contaminations, mettant en doute l’efficacité de ces vaccins. Les résultats des essais de phase finale qui ont commencé à être publiés l’année dernière ont d’ailleurs confirmé les premières inquiétudes selon lesquelles la protection qu’ils offraient n’était pas aussi bonne que celle conférée par les vaccins Pfizer et Moderna, souligne le site en ligne Quartz. 

Une hausse des contaminations observée

Le Brésil, qui utilise massivement le vaccin du laboratoire Sinovac, est le pays ayant enregistré le plus grand nombre de nouvelles contaminations en valeur absolue cette semaine. En proportion de la population, le pays ayant recensé le plus de nouveaux cas cette semaine est la Mongolie, devant les Seychelles. Ces deux pays sont pourtant parmi les plus en avance en termes de vaccination, avec respectivement 52% et 68% d’habitants complètement vaccinés. Mais les Seychelles utilisent les vaccins de Sinopharm et d’AstraZeneca/Oxford, tandis que la Mongolie utilise majoritairement des doses Sinopharm.  

Offre limitée. 2 mois pour 1€ sans engagement

Au Brésil toujours, où se déroule actuellement la Copa America de football, des dizaines de personnes ont été testées positives au Covid-19 depuis le début de la compétition de football. La Confédération sud-américaine de football (Conmebol) avait reçu fin avril 50 000 doses du vaccin chinois Sinovac pour pouvoir vacciner les participants à la compétition 

Même scénario au Chili où les autorités sanitaires, qui ont utilisé majoritairement les vaccins du laboratoire chinois Sinovac et vacciné une grande partie de leur population, voient l’épidémie reprendre. « Le vaccin chinois (…) s’avère inadéquat, regardez l’expérience au Chili », a récemment critiqué le chef du gouvernement italien Mario Draghi, émettant ainsi des réserves concernant le vaccin Sinovac. 

L’Indonésie fait également partie des exemples les plus marquants. Plus de 350 professionnels de la santé ayant reçu les deux doses de Sinovac ont été contaminés avec le virus Sars-CoV-2 à la mi-juin, rappelle Health Policy Watch.  

Une technologie traditionnelle, moins efficace

L’efficacité de ces vaccins est donc moins importante que celle utilisant l’ARN messager. Ainsi, selon l’OMS, l’efficacité du vaccin Sinopharm contre l’hospitalisation est de 79 %, et celle du sérum du laboratoire Sinovac est de 51 % contre l’infection symptomatique par le SARS-CoV-2, de 100 % contre les formes graves de la Covid-19 et de 100 % contre les hospitalisations, 14 jours après l’administration de la deuxième dose. » 

En face, Moderna affiche une efficacité d’environ 92 % contre l’infection symptomatique par le SARS-CoV-2, et la protection commence 14 jours après la première dose, et de 95 % pour Pfizer. 

« Les vaccins chinois sont fondés sur la technologie traditionnelle de développement des vaccins, comme ceux, par exemple, contre la polio dont on sait aujourd’hui qu’ils sont moins efficaces que ceux qui utilisent la technologie plus innovante de l’ARN messager, comme les solutions de Pfizer ou Moderna », souligne Pierre Saliou, professeur agrégé du Val-de-Grâce et spécialiste des questions de vaccination, interrogé par France 24. Les vaccins ARN messager montrent ainsi qu’ils peuvent « produire davantage d’anticorps capables de mieux combattre ses mutations que la technologie classique utilisée par les laboratoires chinois », ajoute-t-il. 

Un faux sentiment de totale protection

Par ailleurs, il existe chez les personnes vaccinées un probable sentiment d’invulnérabilité, alors que « la vaccination protège contre les formes de maladies graves et contre la mort », rappelle Hervé Bercovier, professeur de microbiologie à l’Université hébraïque de Jérusalem, sur franceinfo jeudi dernier. « Elle ne protège pas contre la contamination des gens. » 

Prenant l’exemple d’Israël, où plus de 60% de la population est vaccinée et où les cas commencent à remonter, il explique qu »‘on a fait cette erreur de penser qu’il n’y avait plus de Covid et donc on pouvait retourner à une vie complètement normale sans distanciation, sans masque. Nous revenons en arrière. À partir de dimanche, on remettra les masques dans les endroits fermés mais aussi je pense que dès qu’il y aura un attroupement, les gens remettront leurs masques. » 

Batbayar Ochirbat, responsable du conseil scientifique mis en place par le ministère mongol de la Santé, a lui exempté la responsabilité du vaccin chinois, rapporte Straitstimes. « On peut dire que nous avons célébré trop tôt la fin de l’épidémie. Mon conseil a tous est d’attendre que tout le monde soit vacciné avant de faire la fête », a-t-il justifié. 

Au Chili, « il est clair qu’il y a eu un sentiment de succès après qu’une partie seulement de la population a reçu une injection qui n’est pas suffisante pour offrir une protection adéquate. Cela a créé un faux sentiment de sécurité et le relâchement des précautions a favorisé un mélange entre les personnes vaccinées et celles qui ne l’étaient pas qui est à l’origine d’un regain des contaminations », analyse pour sa part Ian Jones, virologue à l’université de Reading, sur France 24. 

L’application L’Express

Pour suivre l’analyse et le décryptage où que vous soyez

Télécharger l’app

En ce qui concerne les cas observés à la Copa America, la Fédération chilienne de football a reconnu avoir rompu la bulle sanitaire entourant sa sélection, en raison de la venue d’un coiffeur sur le site où sont rassemblés les joueurs à Cuiaba (centre du Brésil).  

Opinions

Idées et débats

Par Marylin Maeso

Chronique

Pierre Assouline

Economie

Robin Rivaton

Renaissance

Par Cécile Maisonneuve, présidente de La Fabrique de la Cité

Chine, Mongolie, Chili… Les vaccins chinois à l’épreuve de rebonds de contamination