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DÉCRYPTAGE – La réaction des investisseurs laisse entrevoir des semaines difficiles, si les mauvaises nouvelles se confirment.

La peur est de retour sur les marchés financiers. Les craintes entourant le nouveau variant du Covid-19 détecté en Afrique du Sud ont fait plonger toutes les Bourses mondiales vendredi. À Paris, l’indice CAC 40 s’est effondré de 4,75 %, enregistrant sa pire séance depuis le 18 mars 2020, au début du premier confinement en France. L’indice vedette a désormais effacé tous les gains du mois de novembre et est repassé sous le seuil des 7000 points (6 739,73 points). À Francfort, le Dax a abandonné 4,15 % et la Bourse de Londres 3,64 %. Même tendance à Tokyo (- 2,53 %) et à Wall Street, où le Dow Jones perdait 2,82 % près de la clôture d’une séance exceptionnellement courte en ce week-end de Thanksgiving.

Un peu partout, les investisseurs ont retrouvé leurs réflexes défensifs. «On assiste à une rotation vers les actifs considérés comme sûrs, ce qui pénalise actions, matières premières et pétrole et bénéficie aux obligations», décrit Craig Erlam, analyste chez Oanda. Le yen et le franc suisse faisaient aussi vendredi office de valeurs refuges.

Airbus et Safran chutent

«Ce nouveau variant laisse craindre une nouvelle mise à l’arrêt des voyages internationaux et il fait peser plus généralement un risque sur la croissance mondiale qui était jusqu’à présent bien orientée», explique Vincent Mortier, directeur adjoint des gestions chez Amundi. En Europe, les principaux pays, dont la France, ont déjà pris des mesures, en interdisant la venue de voyageurs venant d’Afrique australe.

Résultat, les cours du pétrole se sont effondrés vendredi. À Londres, le brent de la mer du Nord a chuté de près de 11 % à 73,34 dollars, retrouvant ses niveaux de mi-septembre. Et outre-Atlantique, le baril texan (WTI), a lui dévissé de 10 % (70,46 dollars).

En Bourse, les valeurs des entreprises du secteur aérien, déjà éprouvées par la pandémie, ont été les plus attaquées vendredi. À Paris, Airbus s’est effondré de 11,49 % et Safran de 10,26 %. Le secteur automobile européen, très dépendant du cycle économique a aussi bu la tasse: Michelin a chuté de 7,63 %, Renault de 7,8 % et Stellantis de 6,85 %. Les valeurs financières ont, elles, été pénalisées par la baisse des taux des obligations d’État. Le luxe a également souffert. Seule la santé s’est sans surprise illustrée, le géant français des laboratoires d’analyses, Eurofins Scientific bondissant de 7,89 %.

La chute des cours a toutefois été accentuée par le faible nombre d’investisseurs présents sur les marchés en ce week-end de Thanksgiving. «La correction est presque salutaire, tant les cours avaient monté», estime Vincent Mortier, soulignant que le CAC 40 gagne encore 21,41 % depuis janvier. Un coup de tabac comparable à celui de mars 2020 est-il cependant possible? «Non car à l’époque, on ne savait pas que les États et les banques centrales mettraient en place des mesures protégeant les économies, répond Vincent Mortier. Mais la semaine prochaine sera décisive.»

«La réaction des marchés laisse entrevoir à quoi on pourrait s’attendre dans les semaines qui viennent si les nouvelles concernant le variant sont mauvaises», avancent les analystes de Capital Economics.

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face au nouveau variant, les marchés financiers s’affolent