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Tensions sur la demande mondiale en gaz, augmentation des taxes… Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette forte hausse.

Le 25 juin dernier, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) annonçait une augmentation du prix du gaz «de 9,96% HT au 1er juillet». Une forte hausse «principalement due (pour 7,8%) à la hausse des prix du gaz sur le marché mondial liée à la reprise économique», avait alors justifié la Commission. Dans le détail, ce sont principalement les tensions géopolitiques avec la Russie, mais aussi la récente hausse du coût des certificats d’économie d’énergie (CEE) qui ont engendré cette augmentation.

Les pressions de la Russie

«Ce n’est pas la saison de l’augmentation des prix, explique Philippe Chalmin, enseignant à l’université Paris-Dauphine et spécialiste des matières premières. Les fortes tensions sont normalement observées à l’automne» lorsqu’il faut recommencer à alimenter les chaudières au gaz des particuliers. Pour Philippe Chalmin, «le facteur principal est la pression que souhaite mettre la Russie sur l’Europe». «Il est dans leur intérêt de nous faire ressentir notre dépendance à leur gaz», poursuit-il. D’après Eurostat, la Russie a fourni 43,4% du gaz importé en Union Européenne en 2020, une part deux fois supérieure à celle de la Norvège, deuxième fournisseur.

En réduisant ainsi sa production, la Russie espère convaincre les Européens de débloquer le dossier Nord Stream II. Ce projet de gazoduc qui doit relier la Russie à l’Allemagne, et alimenter durablement l’Union, est arrêt quoique presque achevé. Le sujet provoque de vives tensions au sein de l’Europe alors que l’Ukraine notamment, s’estime menacée par ce nouveau projet. Même en Allemagne le projet ne fait pas consensus. «La candidate écologique Annalena Baerbock, qui a quelques chances d’être élue aux élections de septembre, est opposée à Nord Stream II», note Philippe Chalmin. Au total, les tensions sur l’approvisionnement pèsent pour 7,8 points de la hausse.

La taxation est aussi responsable

Reste alors 2,16 points de hausse, qui sont à trouver du côté de l’augmentation du coût des certificats d’économie d’énergie (CEE). Entrés en vigueur en 2005, accentués depuis 2018, les CEE obligent les fournisseurs d’énergie – et pas seulement de gaz – à engager des actions pour économiser de l’énergie. Les entreprises concernées par le CEE gagnent des crédits lorsqu’elles effectuent des actions dans ce sens. Si l’entreprise ne collecte pas un nombre de crédits suffisant sur la période (4 ans) où est fixé le CEE, elle paie une pénalité financière.

Le fournisseur de gaz Engie explique par exemple avoir financé pour deux milliards d’euros des «travaux d’efficacité énergétique ou d’actions en vue de leur incitation» depuis 2018. Si les travaux ne bénéficient qu’à une partie de la population, la CEE se retrouve bien sur la facture de tous les consommateurs d’énergie.

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