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Contrairement aux polars scandinaves, la vie politique suédoise offre rarement des rebondissements. D’ordinaire prévisible, le débat parlementaire vient pourtant de produire un coup de théâtre, inédit dans l’histoire de la démocratie nordique : la chute du gouvernement de coalition du social-démocrate Stéfan Löfven (au pouvoir depuis sept ans), qu’il dirige avec l’appui des écologistes, des centristes, des libéraux et (jusqu’ici) du Parti de gauche. 

« Un parfait mélange entre Che Guevara et une prof de droit »

Le 21 juin, ce dernier a proposé une motion de défiance qui a été adoptée avec l’appui de la droite et de l’extrême droite, ravies de faire tomber le premier ministre. L’étape suivante doit prendre la forme d’élections anticipées ou d’une nouvelle coalition… qui pourrait reconduire le même Löfven ! Le premier doit décider avant mardi soir s’il provoque un nouveau scrutin ou s’il demande au président du parlement de tenter de former un nouveau gouvernement de coalition. 

Le Premier ministre suédois Stefan Löfven, social-démocrate, en campagne à Norrkoping le 31 août 2018

afp.com/Thommy TENGBORG

Ce joli pataquès est l’oeuvre de Nooshi Dadgostar, 36 ans, la révélation politique de l’année, qu’un de ses camarades de parti décrit comme « la synthèse parfaite entre Che Guevara et une prof de droit ». Il a suffi que la toute nouvelle dirigeante du Vänsterpartiet (Parti de gauche, ex-communistes) s’oppose au projet de loi visant à mettre fin à l’encadrement des loyers dans les logements neufs pour qu’explose la fragile coalition en place depuis janvier 2019. 

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A l’époque, son parti avait accepté de soutenir le gouvernement, sans y participer, afin de faire barrage à la droite et à l’extrême droite. A une condition, cependant : pas touche aux règles de l’immobilier locatif! Deux ans et demi plus tard, cette fille de réfugiés politiques iraniens s’est offert le luxe de sermonner le gouvernement réuni devant le Riksdag – le Parlement – pour assister au vote de censure : « Nous faisons quelque chose d’inhabituel en politique, nous tenons parole », a déclaré gravement cette trentenaire aussi à l’aise avec l’homme de la rue qu’en compagnie de ses collègues députés. 

Nooshi Dadgostar, une experte de la question du logement

Le message de cette « Mélenchon suédoise » -mais en bien plus aimable et respectueuse des principes démocratiques – fait mouche. Selon un sondage, 52% de ses compatriotes, toutes tendances confondues, soutiennent la position de celle qui se présente désormais comme le dernier rempart contre le détricotage du « modèle suédois ». Pour elle, c’est une affaire personnelle : durant son enfance, à Stockholm, ses parents avaient dû déménager en raison d’une hausse de loyer. Ils avaient ensuite trouvé un appartement plus abordable grâce à l’encadrement des prix. 

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Militante depuis l’adolescence dans la banlieue de Stockholm, élue députée à 29 ans, Nooshi Dadgostar est devenue leader du parti à 35 avec l’intention de prolonger le travail de son prédécesseur qui a consisté à tourner le dos au communisme et à la rhétorique de la lutte des classes pour mener des combats concrets. Depuis toujours, elle a fait de la question du logement un domaine d’expertise. Un sujet crucial dans ce pays où sévit une pénurie d’appartements, en raison, notamment, de la croissance démographique continue dans les grandes villes. Et à cause, aussi, de l’encadrement des loyers… qui décourage l’investissement immobilier. 

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Pierre Assouline

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Robin Rivaton

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Par Cécile Maisonneuve, présidente de La Fabrique de la Cité et Senior Fellow de l’Institut Montaigne

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Albert Moukheiber

Nooshi Dadgostar, la « Mélenchon suédoise » qui a fait tomber le gouvernement