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Si vous ne vous en êtes pas encore occupés, il est plus que temps. Les salariés du privé n’ont plus que deux semaines pour transférer les droits qu’ils ont acquis de 2008 à 2014 au titre du droit individuel à la formation (DIF) sur leur compte personnel de formation (CPF). Sans cela, ces droits et l’argent qu’ils représentent (une heure équivalant à 15 euros) seront perdus. Cela ne concerne pas les fonctionnaires et assimilés pour qui le transfert est automatique. Pour rappel, jusqu’en 2014, les salariés à temps complet se voyaient crédités de 20 heures de formation par an. En 2015, le CPF a pris le relais du DIF, et il est désormais alimenté non plus en heures mais en euros, à hauteur de 500 euros par an.

Des milliards perdus

Selon le ministère du Travail, « 6,33 millions de compteurs DIF au total ont été renseignés par leur titulaire depuis 2015 ». Le 1er  juin, la Fédération de la formation professionnelle (FFP) estimait qu’environ 10 millions de salariés n’avaient pas encore réalisé le transfert, ce qui représente un montant équivalent à environ 12 milliards d’euros. Or, si la date limite pour reporter les heures de DIF sur le CPF, initialement fixée au 31 décembre, a été repoussée au 30 juin 2021, il n’y aura pas de nouveau report, a averti la semaine dernière la ministre du Travail Élisabeth Borne.

Crainte de fraudes

Certains soupçonnent cependant le ministère de pas être plus chagriné que cela de la situation. « Le CPF a un impact important sur les finances de France compétences », note Angeline Barth, secrétaire confédérale de la CGT, qui estime que les heures de formation potentiellement perdues auraient dû être intégrées automatiquement. France compétences, qui finance le CPF, l’apprentissage ou la formation des chômeurs, s’attend à un déficit de 2,5 milliards d’euros cette année. Le succès du CPF n’y est pas étranger, alors que le nombre de formations demandées est passé de 630 000  en 2019 à 1,6 million en 2021, pour un coût attendu de 1,9 milliard d’euros. Preuve que des salariés ont saisi l’opportunité. « La campagne de communication auprès des salariés n’a pas été à la hauteur » concernant le transfert des droits, regrette en outre Angélique Barth, ce dont le ministère se défend.

Autre sujet d’inquiétude, la multiplication des fraudes : nombreux sont les salariés à être sollicités, par SMS ou téléphone, par des organismes qui les encouragent à s’inscrire à une formation pas dûment habilitée, au risque de perdre leurs droits.

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