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Le Collectif de la fleur française organise des rencontres, des visites et des chasses aux bouquets pour attirer l’attention du grand public sur un secteur qui tente de se réinventer.

Promouvoir la filière des «fleurs coupées made in France» : tel est l’objectif de la première édition de la Journée de la fleur française, qui a lieu ce dimanche 27 juin. À l’origine de cette initiative, le Collectif de la fleur Française (CFF) souhaite «valoriser» la richesse de la production «locale ou de saison». L’organisme croit fermement au «besoin de sensibiliser les acteurs institutionnels mais aussi le grand public» à l’importance du secteur et aux défis auxquels il doit faire face.

À quoi s’attendre durant cette journée ? Plus de 150 fermes florales ouvrent exceptionnellement leurs portes pour faire découvrir leurs activités aux visiteurs curieux, des chasses aux bouquets auront lieu à proximité de chaque domaine. Au total, plus de 1000 assemblages ont été constitués pour l’occasion, chacun contenant des précisions sur les types de fleurs qui les composent. Des visites guidées, des ateliers, des pique-niques ou encore des jeux concours seront également proposés.

« Il faut la relancer [la fleur française], c’est un aspect culturel qui nous est propre, et est ancré en nous depuis Louis XIV, nous devons le cultiver ! ».

Hélène Taquet, présidente du CFF
Un déclin progressif

Cet événement est l’occasion d’attirer l’attention sur un secteur qui a connu une forte perte de vitesse depuis une trentaine d’années. Hélène Taquet, co-fondatrice et présidente du CFF, confie s’être «rendue compte à Rungis que la fleur française n’existait plus», écrasée au fil du temps par la concurrence, notamment hollandaise. Les chiffres sont édifiants : 85% des fleurs coupées achetées en France sont importées. En lançant son collectif en 2017, elle a voulu instiller un nouveau souffle. «Il faut la relancer [la fleur française], c’est un aspect culturel qui nous est propre, et est ancré en nous depuis Louis XIV, nous devons le cultiver !», martèle-t-elle.

Mais comment expliquer ce déclin ? Les grossistes ont pu l’observer de leurs propres yeux: «en 1970 ils étaient 600, et maintenant ils ne sont plus que 10», rappelle Hélène Taquet. Parmi les explications évoquées, le choc pétrolier. Dans le passé, les producteurs chauffaient les serres pour contourner les aléas climatiques et favoriser la floraison des fleurs. Avec la hausse des prix, la filière française a dû «payer le prix fort» pour poursuivre sa production, tandis que la Hollande se fournissait chez ses voisins nordiques à des prix plus compétitifs. La logistique a également joué un rôle, les Hollandais ont bénéficié de leur bonne organisation. Mieux spécialisés et plus flexibles, ils ont su s’adapter aux transformations récentes, dont l’explosion de la vente en ligne.

Un secteur plein d’ambitions

Les difficultés persistent aujourd’hui en France. Hélène Taquet souligne la concurrence qui règne entre les différents grossistes qui se «tirent dans les pattes». «On met le loup dans la bergerie», déplore-t-elle, soulignant le manque de coordination. C’est aussi le manque d’aides qui est pointé du doigt. Il reste très difficile pour des petites exploitations de se lancer dans la production de fleurs coupées en partant de rien. La présidente du Collectif avait ainsi déjà pris les devants pour venir en aide aux producteurs de muguet, récoltant plus de 160.000 euros avec une cagnotte en ligne. Et le secteur est assez méconnu : «On veut informer le public qu’il n’y a pas que des roses pour la Saint-Valentin et des bouquets ronds», explique Hélène Taquet.

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Cette première édition est donc placée sous le signe de l’espoir et de l’ambition. Le CFF veut marquer les esprits avec cette journée, pour que son message trouve un écho au sein des chambres d’Agriculture et des institutions gouvernementales. Le secteur joue gros mais l’optimisme est de mise, selon la présidente du collectif : «On était 90 il y a trois ans, nous comptons maintenant 250 membres. La fleur Française veut redevenir attractive et dynamique !».

un dimanche pour découvrir les fleurs françaises