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C’est une première : un syndicat a été créé pour défendre les travailleurs indépendants qui livrent en deux-roues.

Le premier syndicat des «entreprises de livraison deux-roues de Paris» a été créé samedi pour défendre les travailleurs indépendants des plateformes et les doter d’un «pouvoir d’action», a annoncé samedi l’un de ses représentants à l’AFP. Ce syndicat, affilié à la CGT, a vocation à «regrouper les livreurs de différentes plateformes pour être représentatif et faire entendre notre voix», a déclaré à l’AFP Mandjou Karaboue, élu samedi secrétaire général et lui-même livreur. «Plus que des revendications, nous aurons désormais un pouvoir d’action pour faire appliquer le droit», a-t-il poursuivi.

Parmi les actions prioritaires de cette structure, M. Karaboue a cité «la prise en compte des accidents de travail, quotidien des livreurs en deux-roues», et «la lutte contre le racisme qui peut être subi de la part de certains clients». Quelque 70 livreurs de différentes plateformes (Uber Eats, Frichti, Deliveroo…) ont participé samedi matin à Paris à son congrès fondateur, selon Ludovic Rioux du Collectif national CGT des livreurs, dont va dépendre ce syndicat. Il s’agit de la huitième structure locale spécifique à la défense des livreurs de plateformes en deux-roues, déjà créées notamment à Bordeaux, Toulouse et Lyon.

Un secteur précaire

Son ambition est «d’organiser le travail des livreurs au niveau local, d’améliorer leurs conditions de travail, et d’oeuvrer à la régularisation des sans-papiers», très nombreux parmi ces coursiers à deux-roues, un secteur fortement précaire, a fait valoir M. Rioux. Dans un communiqué, les livreurs de Paris ont souligné leur «volonté de s’organiser pour la conquête de nouveaux droits, à l’opposé des politiques patronales de casse des conquis sociaux dont ils font les frais: détournement du statut de salarié, fraude aux cotisations sociales, travail dissimulé».

La semaine passée, une cinquantaine de coursiers, majoritairement noirs, s’étaient rassemblés place de la République à l’appel du Collectif des livreurs parisiens autonomes de plateformes (Clap) pour dénoncer les discriminations et dire «stop aux insultes, agressions, racisme, mépris, dévalorisation».

Un syndicat CGT parisien pour la défense des livreurs en deux-roues