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C’est une nouvelle macabre découverte dans la commune de Marieval, la deuxième en moins d’un mois dans l’ouest du Canada. Plus de 750 tombes anonymes ont été découvertes lors de fouilles sur le site d’un ancien pensionnat autochtone de Saskatchewan, a annoncé ce jeudi le chef de la nation Cowessess. 

« Nous avons commencé nos fouilles par géo-radar le 2 juin 2021 et en date d’hier, nous avons repéré 751 tombes non marquées », a annoncé le chef Cadmus Delorme lors d’une conférence de presse. « Ce n’est pas une fosse commune, ce sont des tombes non-identifiées », a-t-il ajouté, précisant que « certaines ont pu être identifiées par le passé mais « des représentants de l’Eglise catholique ont retiré les stèles », un geste criminel au Canada selon lui. 

Le Canada doit « tirer les leçons du passé, affirme Trudeau

Les fouilles autour de cette ancienne école de Marieval avaient débuté fin mai après la découverte des restes de 215 écoliers enfouis sur le site d’un autre ancien pensionnat autochtone, celui de Kamloops, en Colombie-Britannique, province la plus à l’ouest du Canada. 

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De son côté, le chef de la Fédération des nations autochtones souveraines de la Saskatchewan, Bobby Cameron, a dénoncé un « crime contre l’humanité, une agression contre les Premières nations ». « Le seul crime qu’on ait jamais commis était d’être nés autochtones », a-t-il affirmé lors du même point presse, appelant le gouvernement et l’Eglise à coopérer. « Nous trouverons d’autres corps et nous ne nous arrêterons que lorsque nous aurons trouvé tous les enfants », a-t-il ajouté.  

Le Canada va devoir « tirer les leçons de (son) passé » envers les premières nations, victimes de « discrimination et d’injustice systémiques », a réagi jeudi le Premier ministre Justin Trudeau. La localisation de ces tombes en Saskatchewan, moins d’un mois après une découverte similaire en Colombie-Britannique voisine, rappelle « de manière honteuse le racisme, la discrimination et l’injustice systémiques auxquels les peuples autochtones ont été – et sont toujours – confrontés dans ce pays », a déclaré Justin Trudeau dans un communiqué. 

« Ensemble, nous devons reconnaître cette vérité, tirer les leçons de notre passé et avancer sur le chemin commun de la réconciliation. Nous pourrons ainsi bâtir un avenir meilleur », a-t-il ajouté. 

Onde de choc

« On ne peut pas fermer les yeux ». Le 1er juin, Justin Trudeau avait déjà reconnu la « faute du Canada », une semaine après la découverte des restes de 215 enfants autochtones. Cette découverte macabre a choqué le pays, et des habitants se rendent depuis à un mémorial qui y a été érigé pour y déposer messages de soutien, jouets et chaussures d’enfant. 

Le chef du gouvernement a lui-même déposé un bouquet de fleurs et posé un genou au sol, masque sur le visage, avant de participer dans la soirée à un débat de plusieurs heures organisé à la Chambre des communes. « Ces petites chaussures n’auraient pas dû être là », avait-il commenté en référence au mémorial. « Aujourd’hui, certains des enfants retrouvés à Kamloops – et ceux qu’il reste à découvrir ailleurs dans le pays – auraient pu devenir grands-parents ou arrière-grands-parents (…) Ils ne le sont pas devenus. Et c’est de la faute du Canada ». 

« Notre pays a manqué à son devoir envers les centaines d’enfants enterrés près d’un ancien pensionnat autochtone à Kamloops », avait martelé Justin Trudeau. « On ne peut pas fermer les yeux et faire comme si de rien n’était », avait-il ajouté après avoir promis des « actions concrètes » en faveur des communautés autochtones après ce drame.  

Le chef national de l’Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde, avait de son côté appelé Ottawa à « aider les communautés à retrouver nos enfants perdus », tandis que les appels à fouiller les autres anciens pensionnats dans le reste du pays se multipliaient.  

L’Eglise critiquée

L’absence d’excuses du pape et de l’Eglise catholique pour le rôle de cette dernière dans la gestion des pensionnats autochtones au Canada est « honteuse », avait jugé début juin Marc Miller, le ministre canadien des Services aux autochtones. 

« Il y a une responsabilité qui repose directement sur les épaules de la Conférence des évêques catholiques du Canada » (CECC), avait-il ajouté. Cette dernière avait estimé le 1er juin que la découverte de Kamloops était « bouleversante » et fait part de sa « profonde tristesse ». Quelques heures après les déclarations du ministre, l’archevêque de Vancouver Michael Miller avait présenté ses « excuses » sur les réseaux sociaux.  

« A la lumière de la révélation bouleversante (de la découverte) des restes de 215 enfants de l’ancien pensionnat indien de Kamloops, je vous écris pour présenter mes sincères excuses et profondes condoléances aux familles et aux communautés qui ont été dévastées par cette terrible nouvelle », avait déclaré Mgr Miller dans un communiqué. 

Il s’était engagé à « faire preuve d’une transparence totale » en rendant accessibles les archives et dossiers de l’archidiocèse concernant tous les pensionnats. « L’Eglise a incontestablement eu tort de mettre en oeuvre une politique gouvernementale colonialiste qui a été dévastatrice pour les enfants, les familles et les communautés ». 

« Génocide culturel »

En 2018, les députés canadiens ont adopté une motion pour demander au pape des excuses personnelles au nom de l’Eglise catholique canadienne après s’être heurtés à un premier refus du pape François, qui avait suscité la déception du Premier ministre Justin Trudeau. En 2009, le pape Benoît XVI avait exprimé ses regrets pour les abus dont ont été victimes les enfants autochtones canadiens – indiens, métis et inuits – de la part de l’Eglise catholique, dénonçant la conduite « déplorable » de certains membres du clergé. 

Quelque 150 000 enfants amérindiens, métis et inuits ont été enrôlés de force jusque dans les années 1990 dans 139 de ces pensionnats à travers le pays, où ils ont été coupés de leurs familles, de leur langue et de leur culture. 

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Nombre d’entre eux ont été soumis à des mauvais traitements ou à des abus sexuels, et plus de 4000 y ont trouvé la mort, selon une commission d’enquête qui avait conclu à un véritable « génocide culturel » de la part du Canada. 

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