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L’Union européenne n’a pas réussi à se mettre d’accord sur la stratégie à adopter vis-à-vis de la Russie. Réunis à Bruxelles depuis jeudi, les Vingt-sept sont restés divisés autour d’une proposition franco-allemande pour une relance du dialogue entre l’UE et Vladimir Poutine. Moscou et les Vingt-Sept ne se sont plus réunies en sommet depuis 2014, avant l’annexion russe de la Crimée ukrainienne. Depuis, les vagues de sanctions et contre-sanctions se sont succédé et les rapports diplomatiques restent tendus. 

Le 16 juin, Vladimir Poutine et son homologue américain, Joe Biden, se rencontraient à Genève. Le sommet a inspiré le président français et la chancelière allemande, qui se sont rencontrés le 18 à Berlin. Quelques jours plus tard, les deux dirigeants annonçaient leur souhait d’organiser une rencontre avec le maître du Kremlin pour traiter de sujets d’intérêt majeur pour l’UE.  

« Ne rien céder sur nos valeurs »

Jeudi, avant la rencontre à Bruxelles, Angela Merkel s’est exprimée à ce sujet devant le Bundestag, la chambre basse du parlement allemand. Elle a estimé que l’UE devait nouer un « contact direct » avec la Russie et « créer des mécanismes » pour répondre « conjointement » aux « provocations » et « attaques hybrides » de Moscou. « Il ne suffit pas que le président américain parle au président russe, je m’en félicite vivement, mais l’Union européenne doit également créer différents formats de discussion. » 

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Le même jour, le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kouleba a dénoncé une « dangereuse divergence par rapport à la politique européenne de sanctions » contre Moscou. « Les initiatives pour reprendre les sommets UE Russie sans voir aucune avancée de Moscou (…) ne peuvent que saper l’efficacité du régime de sanctions » contre le régime de Vladimir Poutine, a-t-il déclaré. Il venait de s’entretenir à Bruxelles avec le chef de la diplomatie de l’UE Josep Borrell. 

Emmanuel Macron s’est à son tour exprimé en amont du sommet européen, à son arrivée à Bruxelles : il a déclaré que le dialogue avec la Russie devait être « ambitieux » et « exigeant » de manière à « ne rien céder sur nos valeurs ». La proposition franco-allemande avait été inscrite dans le projet de conclusions du sommet, consulté mercredi par l’AFP. Mais le consensus n’était pas assuré, ont précisé à l’agence plusieurs délégations. 

Opposition des États Balte, de la Pologne et de la Suède

De fait, la proposition a causé « de vifs débats », raconte Le Monde, prolongés tard dans la nuit. La Pologne, la Suède et les États baltes étaient particulièrement réticents. Tous pointent du doigt la politique agressive de Moscou à l’égard des Européens.  

« Il est trop tôt parce que jusqu’à présent, nous ne voyons pas de changement radical dans le comportement de Vladimir Poutine », a expliqué à l’issue de la rencontre le président de la Lituanie Gitanas Nauseda. « S’engager sans aucune ligne rouge, sans aucune condition préalable, serait un très mauvais signal. » »La Pologne a rejeté cette proposition allemande car nous pensons que cela valoriserait le président Vladimir Poutine au lieu de punir une politique agressive », a commenté ce vendredi à Bruxelles le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki. Le premier ministre néerlandais Mark Rutte n’a pas rejeté le principe d’une négociation, mais il a refusé d’y participer, selon Le Monde.  

Les discussions se sont poursuivies pendant plusieurs heures, jusqu’à tard dans la nuit de jeudi à vendredi. A l’issue de la discussion, la conférence de presse des présidents du Conseil et de la Commission a été reportée. « Il n’a pas été possible de convenir aujourd’hui que nous devrions nous rencontrer immédiatement en sommet », a déclaré la chancelière Angela Merkel. « Le président des États-Unis a rencontré Vladimir Poutine pour un entretien sérieux sans que cela donne l’impression que ce soit une récompense pour le président russe », a-t-elle lâché plus tard. « Une UE souveraine, à mon avis, devrait également être en mesure de représenter les intérêts de l’UE dans une conversation similaire. » 

« Regret » du Kremlin

Le président français Emmanuel Macron a lui voulu voir le verre à moitié plein, jugeant que le refus de plusieurs États membres « n’est pas un drame » car l’idée d’un dialogue entre l’Europe et la Russie a malgré tout progressé à Bruxelles.  

Ce vendredi, le Kremlin a regretté l’occasion manquée d’une relance du dialogue entre l’UE et Vladimir Poutine. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov a dit avoir appris ce refus « avec regret », qualifiant la décision européenne « d’illogique et nocive pour l’avenir ». Il a assuré que Poutine « reste d’une manière générale favorable à l’établissement de relations de travail entre Moscou et Bruxelles ». 

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De son côté l’Ukraine a annoncé vendredi une rencontre avec les ambassadeurs français et allemand pour des éclaircissements. La France et l’Allemagne sont les médiateurs entre l’Ukraine et la Russie autour du conflit opposant depuis 2014 Kiev et des séparatistes pro-russes dans l’est du pays. La guerre y a fait plus de 13.000 morts. Le processus de paix est au point mort depuis un sommet quadripartite sans lendemain en décembre 2019. Les tensions sont même montées d’un cran au printemps 2021 avec des combats plus violents et la mobilisation de dizaines de milliers de militaires russes aux frontières ukrainiennes. 

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