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Les Français vont voter ce dimanche pour le second tour des élections régionales. Après la claque du premier tour pour la majorité et l’extrême droite, favorites de la présidentielle dans dix mois, la plupart des présidents sortants de la droite et du PS sont en pole position, prêt à transformer à l’essai.

Faut-il s’attendre à des surprises ? Le scrutin sera-t-il une nouvelle fois marqué par une abstention record ? On fait le point sur les enjeux du vote dans chaque région.

Provence-Alpes-Côte-d’Azur : duel de frères ennemis

Le scrutin s’annonce très serré en Paca, la seule région où le Rassemblement national est arrivé en tête au premier tour. Le président sortant LR Renaud Muselier, qui avait créé un psychodrame au sein de son parti en se rapprochant de LREM avant le premier tour, est au coude-à-coude dans les sondages avec le RN Thierry Mariani (Muselier l’emporterait d’une courte tête, 51%-49%).

Si ce dimanche Mariani l’emporte, ce serait non seulement une première historique, mais aussi une manière pour Marine Le Pen d’enclencher une dynamique dans l’optique de la présidentielle de 2022, même si les espoirs de conquêtes plus nombreuses semblent avoir été douchés au premier tour.

A dix mois de la présidentielle, le scrutin en Paca mettra à l’épreuve la solidité du « front républicain » après le retrait dans l’entre-deux-tours du chef de file écologiste de l’union de la gauche Jean-Laurent Félizia, pour barrer la route à Thierry Mariani.

Le duel au soleil entre Mariani et Muselier est aussi symbolique. Jusqu’alors, les deux hommes de 62 ans, plus amis que rivaux, avaient mené une carrière politique jumelle au RPR, devenue UMP puis LR, avant de s’opposer sur une ligne de fracture qui divise aujourd’hui une partie de l’électorat de droite, tiraillé entre la majorité présidentielle – dont des membres ont rejoint Renaud Muselier pour les régionales – et l’extrême droite.

Auvergne-Rhône-Alpes : la suprématie de Laurent Wauquiez ?

Après avoir largement dominé le premier tour (43,85%), le président sortant (LR-UDI) Laurent Wauquiez apparaît clairement favori au second tour des régionales en Auvergne-Rhône-Alpes. Même la gauche, qui a décidé de s’unir derrière l’écologiste Fabienne Grébert, ne semble pas en mesure de lui faire de l’ombre.

Un sondage paru jeudi place Laurent Wauquiez une nouvelle fois en tête au second tour avec 58% des voix. La liste EELV/PS/PRG/PCF/LFI obtiendrait de son côté 29% des voix. Le candidat du RN, Andréa Kotarac, arriverait en troisième position avec 13% des suffrages.

Si le succès est au rendez-vous pour Wauquiez dimanche, cela ferait de lui un sérieux candidat pour à l’investiture des Républicains pour la présidentielle de 2022.

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Bourgogne-Franche-Comté : quadrangulaire risquée pour Marie-Guite Dufay 

Dans le camp de la présidente sortante (PS) Marie-Guite Dufay en Bourgogne-Franche-Comté, on se garde bien de crier victoire à l’avance. La socialiste était talonnée au premier tour par le RN, représenté par Julien Odoul. Même si Dufay et l’écologiste Stéphanie Modde ont annoncé la fusion de leur liste, le scrutin de dimanche n’en reste pas moins risqué pour la présidente sortante : quatre candidats sont en lice, notamment le candidat LREM Denis Thuriot (11,69% au premier tour), qui n’a pas voulu se retirer, ne jugeant la menace RN pas assez importante. La persévérance de Thuriot n’a pas manqué d’être critiquée par la socialiste, même si le candidat LREM affirme qu’elle a de son côté rejeté toute alliance.

Grand Est : Jean Rottner bien installé

Le président sortant Jean Rottner (LR) de la région Grand Est, arrivé en tête avec une bonne avance au premier tour (31,15%), devrait bénéficier de l’absence d’alliance à gauche. La liste écologiste d’Eliane Romani (14,60% au premier tour) avait annoncé lundi qu’elle ne fusionnerait pas avec celle de l’ancienne ministre socialiste Aurélie Fillipetti, soutenue par Générations et La France insoumise, qui avait cumulé 8,64% des voix.

Rottner est également conforté par les résultats décevants du candidat du RN Laurent Jacobelli.

Avec seulement 10,77%, la liste de la ministre déléguée à l’Insertion, Brigitte Klinkert, également en lice au second tour, ne devrait pas peser.

Ile-de-France : Valérie Pécresse menacée par l’union de la gauche

Si le scrutin de dimanche en Ile-de-France sera bien une quadrangulaire, c’est plutôt un duel très serré qui est annoncé. La présidente sortante Valérie Pécresse (Libres!, ex-LR) est arrivée largement en tête au premier tour avec 35,94% des voix. Mais à gauche, l’addition des voix de Julien Bayou (EELV, 12,95%), Audrey Pulvar (soutenue par le PS, 11,07%) et Clémentine Autain (LFI/PCF, 10,24%), désormais unis derrière l’écologiste, atteint 34,26%.

Même Jordan Bardella, le candidat du Rassemblement national toujours en lice, s’est fait l’écho de ce duel : « On ne va pas mentir aux Franciliens, Valérie Pécresse va être élue présidente, face à une extrême gauche caricaturale qui n’a aucune chance de l’emporter », a-t-il déclaré lors d’un débat de l’entre-deux-tours sur BFMTV.

Le macroniste Laurent Saint-Martin, lui aussi dans la course, a pour sa part demandé à ses électeurs de ne pas se déporter sur Valérie Pécresse dans une logique de vote utile, ce qui n’arrangera pas la président sortante, qui s’est engagée à se retirer de la vie politique en cas de défaite.

L’ancienne LR se doit par ailleurs de se maintenir dans la région si elle veut pouvoir prétendre porter les couleurs de la droite à la présidentielle de 2022.

Hauts-de-France : Xavier Bertrand sur orbite

Le président sortant Xavier Bertrand (ex-LR) est arrivé largement en tête au premier tour avec 41,42% des voix, et dispose ainsi d’une avance considérable avant la triangulaire de dimanche. Il y affrontera le RN Sébastien Chenu qui n’a engrangé que 24,37% des voix, et l’écologiste Karima Delli (18,97%), candidate en lice pour l’union de la gauche.

Xavier Bertrand, qui s’est engagé comme Valérie Pécresse à se retirer de la vie politique en cas de défaite, peut d’autant plus dormir tranquille que le candidat LREM, Laurent Pietraszewski, éliminé au premier tour, a appelé à voter pour lui. Une consécration dimanche donnerait des ailes à l’ancien LR pour s’envoler vers la présidentielle de 2022.

Centre-Val-de-Loire : d’inévitables alliances

Arrivé en tête du premier tour mais avec seulement 24,81% des voix, le président sortant PS François Bonneau, à la tête de la région Centre-Val-de-Loire depuis 14 ans, a réussi son coup en fusionnant sa liste avec celle EELV-LFI portée par Charles Fournier (10,85%).

On ne peut pas en dire autant de Marc Fesneau, le ministre MoDem en charge des relations avec le Parlement arrivé en quatrième position (16,65%), qui n’a pas trouvé d’accord avec la droite de Nicolas Forissier (18,82%).

Et il faudra aussi compter sur le candidat RN Aleksandar Nikolic (22,24%) !

Normandie : Hervé Morin en très bonne posture

Le président sortant Hervé Morin (Les Centristes) a dominé le premier tour en Normandie avec 36,86% des voix.

Soutenu par la droite, il affrontera lors d’une quadrangulaire le RN Nicolas Bay, Laurent Bonnaterre (LREM) et la socialiste Mélanie Boulanger, alliée aux écologistes, mais qui n’a pas trouvé d’accord avec la liste PCF-LFI éliminée au premier tour.

Le scrutin de dimanche semble déjà joué.

Bretagne : un allié décisif pour le président sortant

Loïg Chesnais-Girard (PS), qui a viré en tête dimanche avec 20,95% des voix, a créé la surprise en fusionnant sa liste avec l’ancien maire antipesticides de Langouët Daniel Cueff, qui s’est toujours revendiqué « hors parti ».

La liste EELV de Claire Desmares-Poirrier a choisi de son côté de partir seule au second tour.

La Bretagne aura droit à une quinquangulaire avec les candidatures d’Isabelle Le Callennec (LR), le RN Thierry Burlot (LREM) et Gilles Pennelle (RN). Un scrutin assez ouvert donc, même si le président sortant reste favori.

Pays de la Loire : une surprise verte ?

La présidente sortante Christelle Morançais (LR), proche du sénateur Bruno Retailleau, est arrivée largement en tête du premier tour des Pays de la Loire avec 34,29%.

Elle est défiée par le candidat écologiste Matthieu Orphelin, qui a fusionné sa liste avec celle du socialiste Guillaume Garot, cumulant à eux deux près de 35% des voix. Orphelin pourrait créer la surprise et a d’ailleurs reçu le soutien direct du premier secrétaire du PS Olivier Faure, qui s’est déplacé en personne dans la région cette semaine.

Morançais est d’autant plus menacée que le candidat du Rassemblement national Hervé Juvin, et celui de la majorité présidentielle François de Rugy se sont maintenus.

Nouvelle-Aquitaine : une quinquangulaire sans suspens

Le socialiste Alain Rousset, à la tête de la région Nouvelle-Aquitaine depuis 23 ans, est sorti en tête au premier tour, avec 28,65%.

Il affrontera dans une quinquangulaire Edwige Diaz (RN), Geneviève Darrieussecq (MoDem/LREM), Nicolas Florian (LR) et l’écologiste Nicolas Thierry.

Même si Alain Rousset n’est pas parvenu cette semaine à trouver un accord avec la liste de Nicolas Thierry, il part favori dimanche.

Occitanie : le statu quo ?

Après avoir remporté le premier tour avec près de 40% des voix, la socialiste Carole Delga est en très bonne voie pour briguer un second mandat en Occitanie.

Lors d’une triangulaire, elle affrontera dimanche le RN Jean-Paul Garraud (ex-député LR) et le candidat LR Aurélien Pradié.

Delga est d’autant plus favorite après l’échec de la liste LREM/MoDem de Vincent Terrail-Novès et celle de l’écologiste Antoine Maurice, qui n’ont pas franchi le premier tour.

Corse : un tournant dans le camp nationaliste ?

Au premier tour, la Corse a enregistré le taux de participation le plus élevé (57%) et les nationalistes, bien que divisés, ont obtenu 57,7% des suffrages exprimés. Un score supérieur à leurs résultats additionnés au premier tour des territoriales en 2017 (52,1%).

Pour le second tour, le président autonomiste sortant du conseil exécutif de Corse Gilles Simeoni, arrivé en tête au premier tour, a écarté une nouvelle coalition nationaliste. En fonction de leur score, ils pourraient se sentir renforcés pour demander de nouvelles compétences à l’État.

Le président sortant de l’Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, victime de la désunion nationaliste, ne sera sur aucune liste au second tour et quittera ainsi une Assemblée où il siégeait depuis 29 ans.

les enjeux du second tour, région par région