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Des scènes de liesse avaient marqué son retour en Côte d’Ivoire, en juin dernier, dix ans après son arrestation, le 11 avril 2001, dans le bunker de sa résidence à Abidjan. Quatre mois après, celui qui fut président de la Côte d’Ivoire de 2000 à 2011 marque son retour sur la scène politique nationale.  

L’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo a officiellement lancé ce dimanche sa nouvelle formation politique, le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire, le PPA-CI. « De gauche » et « panafricain », ce mouvement doit servir de rampe de lancement pour l’élection présidentielle de 2025. L’ancien président a été élu à la tête de sa nouvelle formation dans la nuit de samedi à dimanche, devant près de 1 600 personnes réunies au Palais des congrès de l’hôtel Ivoire d’Abidjan, la capitale du pays. Plusieurs représentants politiques d’une douzaine de pays africains étaient également présents pour le congrès de lancement du parti.  

« Renforcer la vitalité démocratique »

Le lancement de cette nouvelle offre politique signe le retour au premier plan de l’ancien homme fort du pays. Arrêté en 2001, l’ancien président était accusé de crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis pendant la crise post-électorale de 2010-2011. Des charges pour lesquelles il a été définitivement acquitté le 30 mars dernier par la Cour pénale internationale.  

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Depuis, son retour sur sa terre natale était attendu par ses partisans et ses anciens proches du Front populaire ivoirien (FPI), un parti fondé dans la clandestinité en 1982. La plupart des cadres du FPI ont d’ailleurs suivi leur ancien leader dans sa nouvelle aventure politique, à l’exception de son ancien Premier ministre Pascal Affi N’Guessan. Les deux hommes sont en rupture politique. Absence remarquée également, celle de Simone Gbagbo, l’ex-Première Dame désormais en procédure de divorce, et qui multiplie ces derniers temps les signaux politiques pour tracer son propre chemin politique.  

Avec ce nouveau parti, Laurent Gbagbo entend devenir l’une des principales forces d’opposition à Alassane Ouattara, l’actuel président ivoirien. Un rôle qu’aimerait également jouer d’ici à 2025 le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) de l’ex-président Henri Konan Bédié. « Le retour de Gbagbo ne modifiera probablement pas profondément le paysage politique ivoirien, analysait en juin dernier dans une note Wendyam Hervé lankoandé, analyste à l’International Crisis Group. Le rapprochement entre le PDCI et le FPI, entamé avant la présidentielle d’octobre 2020, est peu susceptible d’aller au-delà des bonnes relations que Gbagbo semble désormais entretenir avec Henri Konan Bédié […] Sans échéances électorales proches et avec un FPI en reconstruction, il semble difficile pour les deux partis de s’entendre immédiatement sur une stratégie visant à contrer le parti d’Alassane Ouattara, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Le rapport de force politique actuel, très favorable au parti présidentiel, qui contrôle l’exécutif, le législatif et le militaire, sera certainement maintenu. » 

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Un temps évoquée, la réconciliation des trois figures politiques du pays se dissipe, à mesure que chacun dévoile son agenda politique. A la tribune du congrès, ce samedi, le numéro deux du parti au pouvoir, Adama Bictogo, a toutefois lancé un message d’apaisement, dix ans après la violente crise de 2010, qui avait entraîné le pays au bord de la guerre civile. « Ce nouveau parti qui va naître viendra renforcer la vitalité démocratique », a ainsi déclaré Adama Bictogo. Pour l’heure, le pouvoir en place envisage d’introduire une limite d’âge à 75 ans pour se présenter à la prochaine élection présidentielle. Le chef de l’Etat Alassane Ouattara et ses prédécesseurs Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié seraient alors empêchés de concourir.  

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