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Russie, Hongrie, Turquie, Biélorussie… Si l’objectif des Vingt-Sept est de parler d’une même voix, ils doivent d’abord s’entendre sur plusieurs points clés évoqués lors du sommet qui a débuté jeudi. Lors de cette première journée, Paris et Berlin ont appelé les Européens à relancer le dialogue avec Moscou, soucieux de ne pas en laisser la primauté à Joe Biden et de faire valoir aussi leurs intérêts vis-à-vis du Kremlin, même si l’UE a écarté ce vendredi la possibilité d’un sommet avec Vladimir Poutine. Parmi les autres dossiers mis sur la table : la politique anti-LGBT de la Hongrie, pointée du doigt par ses partenaires européens et la reprise des négociations avec la Turquie. 

  • Un sommet avec Poutine écarté par l’UE

L’Union européenne a recalé la possibilité d’un sommet avec le président russe Vladimir Poutine, car les conditions ne sont pas réunies. En effet, les Vingt-Sept peinent à s’engager sur une stratégie à adopter face au voisin russe alors que leur relation n’a cessé de se détériorer depuis l’annexion de la Crimée et le début du conflit en Ukraine en 2014. La chancelière Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron jugent nécessaire d’organiser des rencontres avec Vladimir Poutine pour traiter des sujets d’intérêt majeur pour l’UE.  

Débattre avec la Russie est nécessaire à la stabilité de l’Europe, mais ce dialogue doit être « ambitieux » et « exigeant » de manière à « ne rien céder sur nos valeurs », a déclaré jeudi le président français Emmanuel Macron à son arrivée à un sommet européen. Même son de cloche du côté d’Angela Merkel qui a estimé que Bruxelles devait nouer un « contact direct » avec la Russie et Vladimir Poutine et « créer des mécanismes » pour répondre « conjointement » aux « provocations » et « attaques hybrides » de Moscou. 

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De son côté, l’Ukraine s’oppose à un dialogue avec la Russie prônant une politique ferme à son égard. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kouleba a dénoncé une « dangereuse divergence par rapport à la politique européenne de sanctions » contre Moscou. « Les initiatives pour reprendre les sommets UE-Russie sans voir aucune avancée de Moscou (…) ne peuvent que saper l’efficacité du régime de sanctions » contre le régime de Vladimir Poutine, a-t-il déclaré après un entretien à Bruxelles avec le chef de la diplomatie de l’UE Josep Borrell. 

  • Viktor Orban seul contre tous

En arrivant à Bruxelles, le Premier ministre hongrois s’est posé en défenseur des homosexuels et a réfuté jeudi que la loi controversée – adoptée le 15 juin – portait atteinte aux droits des personnes LGBT. « La loi ne porte pas sur les homosexuels. Elle concerne la façon dont les parents veulent faire l’éducation sexuelle de leurs enfants », a-t-il dit. La loi hongroise prévoit que « la pornographie et les contenus qui représentent la sexualité ou promeuvent la déviation de l’identité de genre, le changement de sexe et l’homosexualité ne doivent pas être accessibles aux moins de 18 ans ».  

Ce texte contrevient notamment à la Charte des droits fondamentaux de l’UE, qui interdit toute discrimination basée sur l’orientation sexuelle. A noter que cette loi a créé des remous jusque dans l’Euro de football. Alors que la ville de Munich voulait éclairer son stade aux couleurs arc-en-ciel – lors du match Allemagne-Hongrie – celles du drapeau LGBT, en guise de protestation contre la loi hongroise, l’UEFA a refusé au nom de la neutralité politique. 

Cette loi a été qualifiée mercredi de « honte » par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a estimé jeudi que la Hongrie, avec sa loi accusée de discriminer les personnes LGBT, n’a « plus rien à faire dans l’Union européenne », à son arrivée au sommet des 27 pays de l’UE. Dix-sept pays membres, dont la France, l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie, ont par ailleurs interpellé dans une lettre commune les chefs de l’UE et le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres (invité au sommet de l’UE) sur la nécessité de faire respecter les valeurs européennes. 

  • Erdogan appelé à lever les derniers obstacles pour renouer avec Ankara

La Turquie était aussi au menu des discussions. Les dirigeants de l’UE ont invité jeudi le président turc Recep Tayyip Erdogan à lever les derniers obstacles pour renouer les relations après une année de fortes tensions. « L’Etat de droit et les droits fondamentaux en Turquie restent une préoccupation majeure », ont-ils précisé dans les conclusions adoptées jeudi soir lors de leur dernier sommet avant la pause de l’été. Bruxelles a enregistré une volonté d’apaisement de la part de la Turquie, mais les conditions pour l’adoption de mesures positives ne sont pas réunies », a expliqué un diplomate européen.  

Les dirigeants européens ont également invité la présidente de l’exécutif bruxellois à « présenter sans délai des propositions formelles pour la poursuite du financement des réfugiés syriens et des communautés d’accueil en Turquie, en Jordanie, au Liban et dans d’autres pays de la région ». La Commission européenne a proposé d’allouer 5,7 milliards d’euros pour financer l’aide aux Syriens réfugiés en Turquie, au Liban et en Jordanie jusqu’en 2024. 

  • La Biélorussie frappée au porte-monnaie

L’Union européenne a imposé des sanctions sur des secteurs clés de l’économie biélorusse pour faire pression sur le régime du président Alexandre Loukachenko après le déroutement d’un avion pour arrêter un opposant, a annoncé le Conseil européen. Le nouveau train de mesures a été publié peu avant le début du sommet et comprend des restrictions sur le commerce des engrais potassiques, du pétrole, des produits du tabac et limite l’accès de Minsk aux marchés des capitaux de l’UE, a précisé le Conseil dans un communiqué. 

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Outrés par la décision du régime de dérouter le 23 mai un avion de la compagnie Ryanair reliant Athènes à Vilnius pour arrêter un jeune journaliste biélorusse et sa compagne juste avant un sommet européen, ils avaient réclamé des mesures contre le secteur de l’aviation de Biélorussie, des sanctions individuelles et des mesures économiques. Les dirigeants européens se félicitent de la mise en oeuvre « en temps voulu » des mesures décidées contre le régime au pouvoir en Biélorussie, précise le projet de conclusion du sommet. 

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