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Deux versions s’opposent après l’incident naval. Le Premier ministre britannique Boris Johnson a assuré ce jeudi que le navire de la Royal Navy, contre lequel l’armée russe affirme avoir tiré des coups de semonce en mer Noire, traversait les eaux ukrainiennes et agissait donc de manière « tout à fait correcte ».  

Mercredi, l’armée britannique avait déjà expliqué que le HMS Defender effectuait « un passage innocent dans les eaux territoriales ukrainiennes, conformément au droit international ». Elle avait démenti le tir de coups de semonce par l’armée russe, évoquant « des exercices de tirs » russes. Moscou, de son côté, a « protest(é) fermement » auprès de l’ambassadrice britannique ce jeudi, dénonçant les « actions dangereuses » du navire britannique.  

  • Les faits : la Russie affirme avoir tiré des coups de semonce contre un navire britannique

Selon Moscou, un avion Su-24 et des navires russes ont tiré des coups de semonce mercredi contre un destroyer britannique qui était entré dans les eaux territoriales russes en mer Noire, au large de la Crimée, péninsule ukrainienne annexée par la Russie en 2014. Selon la version russe, le destroyer britannique HMS Defender a pénétré dans les eaux au large de la Crimée, péninsule annexée en 2014 par Moscou, et a « reçu un avertissement que des armes seraient utilisées en cas de violation des frontières russes ». 

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Le navire britannique n’ayant « pas réagi à l’avertissement », d’après le ministère russe de la Défense, un « navire de patrouille frontalière » russe a donc « tiré des coups de semonce » et un avion Su-24M a effectué un « bombardement de précaution le long du parcours du destroyer ». Le navire britannique aurait ensuite quitté les eaux russes, mettant fin à l’incident, qui a duré un peu plus d’une vingtaine de minutes, selon Moscou. 

Dénonçant des « actions dangereuses » de l’équipage du HMS Defender, Moscou a réclamé que Londres mène une enquête sur l’incident. Les autorités britanniques ont de leur côté démenti l’incident mercredi. Selon le ministère de la Défense, « aucun coup de semonce n’a été tiré vers le HMS Defender » et « l’affirmation selon laquelle des bombes ont été larguées sur sa trajectoire » est fausse. Selon Londres, le navire effectuait « un passage innocent dans les eaux territoriales ukrainiennes ». 

« Nous ne reconnaissons pas l’annexion de la Crimée, c’était illégal, ce sont des eaux ukrainiennes et il était tout à fait correct de les utiliser pour aller d’un point A à un point B », a souligné ce jeudi Boris Johnson, interrogé sur les télévisions britanniques. 

L’armée britannique avait invité des journalistes de la BBC et du Daily Mail sur le navire pour cette traversée du port ukrainien d’Odessa vers la Géorgie en passant à proximité de la Crimée, où la Russie dispose d’une importante base navale. Selon la description du Daily Mail, le HMS Defender a été escorté par des avions de chasse et navires russes et des coups de canon « répétés » ont été entendus. 

  • Pourquoi ça compte : accrochage inédit et fortes tensions

Cet accrochage russo-britannique constitue une première et intervient à quelques jours des manoeuvres militaires Sea Breeze 2021, qui doivent se tenir du 28 juin au 10 juillet en mer Noire. Ils impliquent les Etats-Unis, d’autres pays de l’Otan et l’Ukraine, ce que Moscou voit d’un très mauvais oeil. Et quelques heures avant l’incident, le président Vladimir Poutine avait répété que son pays était « préoccupé par le renforcement en cours des capacités et infrastructures militaires de l’Otan à proximité des frontières russes ». 

Cet incident a eu lieu au large de la Crimée, péninsule ukrainienne annexée en mars 2014 par la Russie, qui y dispose d’une base navale et dont les eaux ont déjà fait l’objet de plusieurs incidents par le passé. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kouleba, a dit sur Twitter voir dans cet incident le prolongement de « la politique agressive et provocatrice » de Moscou en mer Noire et en mer d’Azov. 

La crainte d’une escalade des tensions est forte. La Russie a « fermement » dénoncé ce jeudi auprès de l’ambassadrice britannique les « actions dangereuses » du navire britannique. Deborah Bronnert, ambassadrice du Royaume-Uni à Moscou, a été convoquée au ministère russe des Affaires étrangères, a indiqué la diplomatie russe dans un communiqué. « Au cas où de telles provocations se reproduisent, toute la responsabilité de leurs éventuelles conséquences reposera entièrement sur la partie britannique », ajoute le communiqué russe. 

  • Le contexte :un climat de vives tensions entre la Russie et le Royaume-Uni

La Russie a mené dans cette région plusieurs exercices militaires ces derniers mois, y compris via le déploiement temporaire de plus de 100 000 soldats aux frontières ukrainiennes et en Crimée en avril, une démonstration de force qui avait suscité de vives tensions avec l’Occident. En 2018, Moscou avait saisi trois navires de guerre ukrainiens et capturé 24 marins qui tentaient de pénétrer dans la mer d’Azov, partagée entre les deux pays. Il s’agissait du premier incident armé direct entre les deux pays. 

Les accrochages impliquant des avions ou des navires aux frontières russes ne sont pas rares, surtout en période de tensions avec les Occidentaux, mais le tir de coups de semonce est une première pour ce genre d’incidents. La plupart des incidents ont lieu dans la Baltique ou dans l’Arctique, et plus rarement en Exrême-Orient, où la Russie a annoncé mercredi avoir intercepté un avion espion américain au-dessus de la mer d’Okhotsk. 

L’incident intervient dans un climat de vives tensions entre la Russie et le Royaume-Uni, alimenté par une série de crises diplomatiques ou encore l’empoisonnement à l’arme chimique en 2018 de l’ex-agent double russe Sergueï Skripal sur le sol britannique. 

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Boris Johnson a cependant réfuté que les relations entre les deux pays soient au plus bas : « Je me souviens de périodes de mon vivant où les choses étaient bien pires, tout ce que nous faisons c’est de faire respecter le droit et c’est l’une des missions remplies par cette force navale avec d’autres pays dans le monde entier ». 

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