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A peine Takeshi Kitano avait-il quitté les locaux de la chaîne TBS, où il venait de participer à une émission, qu’il a vu un énergumène débouler pour fracasser son pare-brise à coups de pioche. Plus de peur que de mal pour le célèbre cinéaste et animateur. Officiellement, l’individu en voulait à Kitano pour l’avoir « ignoré » quand il cherchait un job à la télé. Mais sur les réseaux sociaux, nombre d’internautes pensent que le réalisateur a été victime d’une action politique. Lors du show, il avait en effet indiqué que son vote « pourrait aller au Parti communiste » (PCJ) lors des législatives de cet automne. 

L’annonce avait pourtant tout d’une boutade. Kitano voulait surtout signifier au Parti libéral démocrate (PLD, droite conservatrice), dont le dirigeant, le Premier ministre Yoshihide Suga, vient d’annoncer son départ après un an de pouvoir, et au Parti démocrate constitutionnel (PDC, centre gauche), qui fut aux manettes entre 2009 et 2012, qu’ils n’avaient pas fait du bon travail.  

« Solder les années de pouvoir de Shinzo Abe et Yoshihide Suga »

Par ricochet, cette agression a suscité un regain d’intérêt pour les communistes, dont les 270 000 adhérents veulent faire mieux aux législatives que les 8 % obtenus lors du scrutin de 2017. Le parti a accepté de s’allier avec trois autres formations de l’opposition. Objectif, selon son charismatique secrétaire général Kazuo Shii : « renverser » la droite et « solder les neuf années de pouvoir du tandem de Premiers ministres Shinzo Abe et Yoshihide Suga », qualifiées de « désastreuses pour la démocratie et la vie quotidienne ».  

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Ce rapprochement révèle, selon Koichi Nakano, politologue de l’université Sophia de Tokyo, « un changement de la part des communistes, qui ont compris qu’il fallait renoncer à jouer le « guide des masses » et être plus à l’écoute ». Le parti n’en est pas à sa première mue. Interdit dès sa création en 1922, il se bat dans l’ombre contre les guerres du Japon impérial, tout en soutenant les mouvements d’indépendance en Asie. Ses luttes lui valent de beaux succès électoraux après la guerre, malgré les millions de dollars injectés par la CIA dans les caisses de la droite pour faire du pays un rempart contre le communisme.  

Un discours très critique sur le Parti communiste chinois

Dans les années 1960, les communistes japonais rompent avec les partis « frères » chinois et soviétique, critiquant l’invasion de la Tchécoslovaquie en 1968 et celle de l’Afghanistan en 1979. Ils se réjouissent même de l’effondrement de l’Union soviétique, y voyant « un échec de l’hégémonisme, du bureaucratisme et du despotisme ». En 2004, ils renoncent à la « Révolution socialiste » au profit de « réformes démocratiques ». 

 

Cette année, le PCJ a renforcé sa proximité avec la population en s’opposant à la tenue des Jeux olympiques ou en appelant à lutter contre la pauvreté, en forte hausse depuis le début de la pandémie. Paradoxalement, il fut le seul parti nippon à ne pas féliciter le parti communiste chinois pour son centenaire, en juillet dernier. « Les activités de Pékin en mer de Chine orientale et méridionale pour étendre son hégémonie régionale et les violations des droits humains à Hongkong et contre la minorité ouïgoure n’ont rien à voir avec le socialisme », a taclé son leader, Kazuo Shii.  

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Malgré cela, le PCJ, toujours classé par la police comme une organisation révolutionnaire, continue de susciter des soupçons. Ses partenaires de l’opposition hésitent à trop s’afficher à ses côtés, par peur de donner des arguments au camp conservateur, dominant dans les médias. 

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