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Ce ne sont pour l’heure que de simples recommandations des organismes consultatifs de l’Unesco. Mais la prochaine réunion du Comité du patrimoine mondial, à Fuzhou, en Chine, du 16 au 31 juillet, pourrait bien en tenir compte. 

Venise et Budapest risquent d’être placées sur la liste du Patrimoine mondial en péril de l’Unesco. La Grande Barrière de Corail est menacée du même sort en raison de sa dégradation provoquée par le changement climatique. Tandis que le port marchand de Liverpool pourrait quant à lui perdre son inscription au Patrimoine mondial, en raison de son développement trop rapide. 

Tourisme et projets immobiliers

A Venise, l’impact des activités touristiques de masse fait notamment partie des critères poussant l’Unesco à demander le placement de la Cité des Doges dans la liste du patrimoine en péril.  

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La ville italienne s’est dotée d’une stratégie de gestion touristique, néanmoins « entravée par la législation nationale », l’interdiction aux navires de plus de 40 000 tonneaux de jauge brut d’entrer dans sa lagune « n’a eu aucun effet concret » et les interventions humaines continuent d’avoir des conséquences négatives sur la lagune. Ces facteurs, et d’autres, justifient pour les organismes consultatifs l’inscription du bien sur la liste du patrimoine mondial en danger. 

A Budapest, ce sont les rives du Danube et le quartier du château de Buda qui sont notamment visés. En cause : des démolitions « inopportunes » et des reconstructions à grande échelle, en particulier de bâtiments de grande hauteur qui viendraient dénaturer ces lieux historiques. 

Malgré des efforts législatifs et réglementaires en matière d’aménagement et de développement urbains, des menaces continuent de peser sur la « valeur universelle exceptionnelle » qui a valu à la capitale hongroise, avec les rives du Danube, le quartier du château de Buda et l’avenue Andrássy, son inscription sur la Liste du patrimoine mondial en 1987. Les organismes consultatifs, notant que les travaux se sont poursuivis dans le quartier du château de Buda malgré de précédentes demandes du Comité du patrimoine mondial en 2019, préconisent l’inscription du bien sur la liste du patrimoine mondial en péril. 

La Grande barrière aussi…

Depuis trente ans sur la liste du Patrimoine mondial, la grande barrière de corail de l’Australie est affectée par le changement climatique – « sa plus grave menace »-, la pollution des eaux, les activités humaines. Depuis son inscription, elle s’est fortement détériorée, victime notamment de blanchiment massif de ses coraux en 2016 et 2017.  

En dépit de mesures fortes, les perspectives à long terme pour l’écosystème se sont encore détériorées et le péril est prouvé, pour les experts de l’Unesco qui préconisent de la classer « en danger » après un « examen minutieux » de documents scientifiques fournis notamment par le gouvernement australien.  

« Je conviens que le changement climatique mondial constitue la plus grande menace pour les récifs coralliens mais il est erroné, à notre avis, de (placer) le récif le mieux géré au monde sur la liste « en danger » », a déclaré la ministre de l’Environnement australienne, Susan Ley. Une telle décision enverrait « un mauvais signal à des pays qui ne réalisent pas les investissements que nous faisons dans la protection des récifs coralliens », a argué la ministre, et ferait fi des milliards de dollars dépensés pour la protection du site du nord-est de l’Australie. 

Le maire de Liverpool contre-attaque

Concernant le port marchand de Liverpool, la décision de l’Unesco pourrait être encore plus forte puisqu’il s’agit là de retirer complètement le site du patrimoine mondial. Le grand projet de développement des docks de la ville des Beatles, baptisé « Liverpool Waters » aurait un impact profondément négatif notamment pour des bâtiments historiques selon l’Unesco. Malgré des avertissements répétés de l’Unesco, le développement de ce projet n’a pas été freiné.  

Le maire de Liverpool Steve Rotheram a lui aussi regretté cette proposition de l’Unesco. « C’est profondément décevant. Nous sommes fiers de notre histoire mais notre patrimoine est une partie vitale de la revitalisation », de la ville, a-t-il déclaré dans un communiqué sur les réseaux sociaux. « Je demande (à l’Unesco) d’accepter notre invitation à venir visiter la ville plutôt que prendre leur décision autour d’une table de l’autre côté de la planète », a-t-il ajouté.  

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Un autre site est menacé de la même sanction, la réserve naturelle de Selous en Tanzanie, en raison du braconnage massif. Seuls deux sites ont déjà fait l’objet d’un tel retrait : le sanctuaire de l’oryx arabe à Oman en 2007 et la vallée de l’Elbe à Dresde (Allemagne) en 2009.  

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